Le Devoir du GOÛT N° 17

SUJET
Quelque chose m’est suggéré en regardant cette toile.
Mais vous ? Que vous dit cette toile ?
Si voulez bien faire ce « devoir de Lakevio du Goût », commencez-le par cette phrase
« J’ai arpenté pendant plusieurs jours le XVIème arrondissement, car la rue silencieuse bordée d’arbres que je revoyais dans mon souvenir correspondait aux rues de ce quartier. »
Et closez le par
« Ce fut un chagrin désordonné. »
Bon, comme je l'ai écrit au Goût,
cela va être un roman...

« J’ai arpenté pendant plusieurs jours le XVIème arrondissement,
car la rue silencieuse bordée d’arbres que je revoyais
dans mon souvenir correspondait aux rues de ce quartier. »
Que diriez vous de transposer le XVIème arrondissement,
pour quelques jours, dans la Drôme,
où la neige est tombée abondamment sans discontinuer
du jeudi 14 novembre à 11h du matin jusqu'au vendredi matin (vers 3 ou 4h),
lorsque j'ai regardé dehors avec ma lampe frontale, à 3h, il neigeait toujours...
C'était joli, mais j'étais contente que ce ne soit pas le jour
où je doive aller garder mes petits.
Dès l'après-midi, plus de réseau sur nos téléphones portables.
A 22h, plus d'électricité, donc plus de téléphone fixe !

Photo prise le jeudi soir, environ 1 h avant la coupure de courant
Vendredi matin, après avoir allumé la cheminée,
trouvé des piles pour la radio, et pris notre petit déjeuner
(heureusement nous cuisinons au gaz),
et aussi une fois que Zhom ait déneigé à la pelle devant sa voiture,
nous voilà partis faire des courses.
Route déviée pour aller chez le boucher,
un camion bouchait la route,
mais nous le savons maintenant,
derrière ce camion, de nombreux arbres étaient couchés sur la chaussée.

Photo prise une semaine plus tard, en revenant de chez le boucher
Tous les arbres sont touchés, il a fallu couper les branches
pour dégager le passage !
Et de nombreuses routes étaient dans ce cas !
Tant bien que mal nous sommes arrivés chez le boucher,
car sur la déviation en pleine campagne, les voitures ne se croisaient pas...
Le magasin était fermé.
Nous avons donc rebroussé chemin, pour aller à la ville d'à côté.
Route bien encombrée par les branches d'arbres, mais ouverte !

Photo prise sur la toile, mais cela ressemblait bien à ça...
Arrivés à la ville, nous avons vu que les magasins là aussi étaient fermés !
De nouveau nous avons rebroussé chemin, pour aller dans un petit magasin
où nous allons habituellement.
Il appartient à un agriculteur, et nous avions vu qu'un gros groupe électrogène y avait été installé.
Comme il était encore tôt, nous avons trouvé de quoi manger pour le we.
Par contre pas de pain, ni dans ce magasin, ni à la boulangerie du village,
boulangerie ouverte pour écouler les denrées de la veille,
mais fermée dès l'après-midi.
Le vendredi après-midi nous avons entrepris d'aller
dans une zone commerciale à 15 kms,
pour acheter du pétrole pour la lampe.
Là, oh miracle il y avait du courant, et du réseau.
Nous en avons profité pour donner de nos nouvelles,
et en prendre...
Dans le magasin de bricolage les gens cherchaient des chauffages d'appoint,
et des groupes électrogènes.
Nous nous sommes contentés du pétrole.
Nous sommes rentrés, et avons passé les vendredi, samedi
et dimanche à écouter radio France bleue Drôme Ardèche,
pour nous tenir au courant de l'avancée des réparations.
On nous a dit que 80% des foyers retrouveraient l'électricité le samedi,
et pour les 20% restant, ce serait le dimanche.
Dimanche matin, nous étions donc confiants...
Mais du matin jusqu'au soir les chiffres n'avaient pas bougé,
70 000 foyers sans électricité...
Il y a eu au plus fort de la crise environ 320 000 foyers impactés,
dans les départements Loire, Isère, Ardèche, Drôme,
la Drôme étant le département le plus touché.
Lundi matin, nous avons donc tenté d'aller faire des courses dans la ville d'à côté.
Les magasins étaient ouverts.
Mais plus aucune piles pour notre radio
(elles avaient rendu l'âme le lundi au réveil),
nous avons fait 4 magasins...
Plus d’allumettes, non plus !
Du coup, dans la foulée nous sommes retournés
dans la zone commerciale dans le magasin de bricolage,
là, j'ai pris les dernières piles !
Lundi, 19h, miracle le courant est revenu !
Tour du freezer et du congélateur pour voir l'état des denrées !
Pas trop de mal, les glaces foutues, quelques viandes décongelées,
et nous avons mangé des ravioles 3 soirs d'affilée.
Nous avons eu de la chance,
même si le lundi il ne coulait plus qu'un filet d'eau,
nous en avons toujours eu.
Nous avons une cuisinière à gaz, et une cheminée !
Certains n'avaient ni chauffage, ni moyen de faire cuire leurs repas
voire même ni eau...
Quand on pense qu'on voudrait que nous roulions avec des véhicules électriques...
Ce vendredi il y a encore environ 1 000 foyers sans courant,
Enedis pense que dimanche (donc hier lorsque vous lirez)
tout sera rentré dans l'ordre !
Enfin, tout le monde aura du courant,
mais c'est souvent grâce à des groupes électrogènes,
200 en tout, venus d'un peu partout en France !

Parmi les 200 déjà installés, des pannes de groupes électrogènes ont été constatées à Chabeuil, Portes-lès-Valence et La Chapelle-en-Vercors. "En moyenne, c'est 1 000 litres de fuel à réalimenter toutes les 24 heures, explique Jeanine Doppel, or on n'avait pas assez de transporteurs." Le préfet de la Drôme a pris un arrêté pour réquisitionner les transporteurs de fuel afin de prêter main-forte à Enedis.
Et les réparations sur le réseau vont prendre au moins un an !

Ce qui est révoltant, c'est que ces groupes électrogènes
aient été parfois siphonnés pour en récupérer le gazole !
Que des groupes électrogènes aient été volés chez des particuliers !
Que certains hôteliers en aient profité pour augmenter leurs prix,
alors qu'il fallait loger des naufragés de la route.
Que certains employés d'Enedis aient dû coucher dans leurs camions,
(c'est un employé de la Lorraine qui l'a dit à un commerçant,
il a même ajouté que dans ses pires cauchemars, il n'aurait jamais imaginé une telle situation
tellement le réseau était mal entretenu...) !
Lorsque nous avons appris tout cela
« Ce fut un chagrin désordonné. »
