Voilà à quoi ont menés la réforme "plan hôpital 2007",
et la "surdité" de nos élites !
et
Hôpital : des mots glaçants décryptés par un neurochirurgien du CHU de Tours
« Durant quelques secondes, j’ai cru qu’il parlait d’objets…
Puis j’ai compris qu’il parlait des gens, des malades. »
« Son propos sous-entendait une notion de vitesse, d’efficacité rapide,
ce qui n’est pas dans la culture du corps soignant.
Nous sommes habitués à l’échange, la décision réfléchie.
Derrière son expression, j’ai senti que l’hôpital était en train de prendre une couleur industrielle. »
« Le “ redimensionnement capacitaire ”, c’est la diminution du nombre de lits.
Cela veut dire que l’on va devoir faire attendre ceux qui ont besoin d’être hospitalisés
et de bénéficier de nos compétences.
Pour le corps soignant, cela signifie faire un tri ;
pour nous, c’est très difficile car, par essence,
nous cherchons à porter nos soins à tous, sans attendre. »
« Je ne peux pas répondre, je ne suis ni économiste,
ni spécialiste des finances publiques :
mais si ces derniers sont prêts à nous faire participer à la réflexion,
nous serons là pour donner notre point de vue de médecins. »
« Les médecins ont une part de responsabilité, on prescrit trop de soins,
on ne regarde pas à la dépense ;
les gestionnaires ont leurs contraintes…
Pour qu’un dialogue se renoue,
il faudrait que les choses soient dites, sincèrement, au public, et entre nous. »
« Aujourd’hui, dans tous les hôpitaux de France, des malades,
bien qu’ayant de petits revenus, sont opérés par les meilleurs praticiens du pays.
Si la santé épouse le néolibéralisme, un malade qui n’aura pas les moyens de payer une bonne mutuelle,
n’aura plus accès aux meilleurs praticiens du pays.
Ces derniers soigneront dans des cliniques, et, tout aussi grave,
ne formeront plus les jeunes praticiens dans les CHU. »
« Si le néolibéralisme réussit à convaincre que “ c’est une bonne chose
et qu’il n’y a pas d’autres solutions ”, c’est foutu.
Nous, médecins, ne pouvons pas nous y opposer seuls.
Si l’opinion publique se mobilise, dit non, le fait savoir,
par des pétitions ou autres, alors, peut-être… »

J'ai travaillé à l'hôpital jusqu'en 2005 (cancer),
et ai repris durant quelques mois de 2007 à 2008,
à cette époque, nous avions eu une formation durant laquelle
un ancien médecin nous racontait
qu'une personne ayant la maladie de Parkinson devant
se faire opérer pour pose de prothèse,
ne trouvait pas de place, car la rééducation serait trop longue
et coûterait trop cher à l'Etablissement où elle serait hospitalisée...
Douze ans plus tard, la crise est importante !!!





















