
SUJET
Comme disait une chanson de la première moitié du XXème siècle à propos des baisers :
Méfiez-vous des pêcheurs mesdemoiselles car il y a pêcheur et pécheur…
Je suis sûr que vous avez beaucoup de souvenirs des uns.
Ou des autres…
Je pense que nous aurons tous quelque chose à dire et à lire lundi…

La pêche me fait penser à mon grand père paternel,
avec lequel nous pêchions des bigorneaux, le dimanche, à Pourville.

Comme le premier dimanche d'octobre c'est la
je vais profiter du devoir du Goût pour vous parler de lui.
Nous l'appelions Gapère.
Je l'aimais beaucoup.
Il venait nous voir en cachette de ma grand-mère
lorsque nous habitions à Bernay chez Tante Hibou.
Mon père faisait son service militaire à Madagascar,
nous étions déjà 2 filles, et ma mère en attendait une troisième.
Ma grand-mère n'avait pas accepté le mariage de mes parents,
et nous rejetait, je pense que c'est lui qui a dû finir par la raisonner !
Nous allions en vacances
chez mes grands parents paternels, à Rouen,
au mois de juillet.
Je me souviens de ses réflexions :
- Tu ne t'en souviendras pas le jour où tu te marieras
- Compte là dessus et bois de l'eau
- Il vaut mieux vous avoir en photo que de vous nourrir.
Il a été prisonnier durant toute la deuxième guerre,
et un jour où ma grand mère avait acheté un pistolet (jouet)
à mon frère, j'ai vu Gapère très en colère,
il a pris l'arme et l'a jetée à la poubelle.
Deux années de suite, il nous a payé à ma mère et nous
(les quatre enfants)
des vacances en Andorre

Là il avait payé des cours de natation
aux deux aînées (une de mes sœurs et moi),
le maître nageur nous a donné 2 leçons,
puis est parti avec l'argent, nous ne l'avons jamais revu...
Bon, avec une leçon, je savais nager, cela avait aidé
à faire passer la pilule !
J'avais 11 ans et demi lorsqu'il est décédé,
et j'ai beaucoup pleuré !

Je ne sais pas s'il a péché, mais lorsque nous pêchions les bigorneaux
c'était un beau partage !
C'était une belle personne !



