• Mon Fils, Tracteur et Souvenirs

    Les lundis de Lakevio

    Ian Ledward

     

    Vendredi, mon fils aîné et sa petite famille 

    sont venus récupérer ma petite puce.

    Au cours de la conversation, il a été question des pierres

    qu'il ramasse depuis des années dans les champs.

    Il est né à la ferme, et a toujours aimé les tracteurs,

    à tel point, que parfois je le cherchais,

    alors qu'il était avec son grand père, dans un tracteur,

    sans que celui ci ne m'ait prévenue...

     

    Il a très vite été évident qu'il serait agriculteur !

    Si bien, que j'ai toujours pensé qu'aider son grand père

    et l'ouvrier était un plaisir !

    Vendredi, j'ai découvert que cela avait pu être

    une contrainte, lorsqu'il m'a rappelé

    qu'une fois où ma cousine, Nadine,

    était, chez nous, en vacances avec ses filles,

    nous étions parties avec son frère, et son père,

    nous promener dans la région de Die (clairette),

    et que lui était resté ramasser des pierres

    avec l'ouvrier !

     

    Voilà comment les souvenirs de nos enfants,

    peuvent nous surprendre,

    et nous faire prendre conscience,

    qu'ils ont pu vivre certains moments

    comme des injustices !

     

    Seize ans plus tard, il ramasse toujours les pierres

    dans les champs, avant de pouvoir les cultiver,

    mais il s'est équipé de matériel qui lui facilite la vie...

    Il conduit aussi la moissonneuse,

    ce que ni son grand père, ni son père ne faisaient.

     

    Il est heureux d'être agriculteur,

    par contre les contraintes administratives,

    et les contrôles sanitaires, très lourds,

     lui sapent le moral ! 

     

     

    « L'aventure continueElle attend ... »

  • Commentaires

    1
    Lundi 1er Mai à 10:23
    Adrienne

    Beau texte, sensible et plein d'amour!

      • Lundi 1er Mai à 20:00

         

        Merci d'avoir senti l'amour que l'on a tous pour nos enfants yes

      • Lundi 8 Mai à 21:25
        adrienne

        et aujourd'hui, pas de participation? pas de jolie suite?

        le tableau s'y prête ;-)

    2
    Lundi 1er Mai à 10:42

    Un très beau texte.

      • Lundi 1er Mai à 20:01

         

        Merci beaucoup yes

    3
    Lundi 1er Mai à 10:56

    Il a bien du courage, ton fils. Et je l'en remercie parce que nous avons besoin de lui. J'ai de nombreux cousins qui ont choisi de rester et je sais combien la terre est moins dure que l'administration des hommes !

      • Lundi 1er Mai à 20:04

         

        Au départ c'était la passion,

        maintenant avec les contraintes,

        c'est en effet du courage,

        et j'ai peur que l'avenir ne soit pas rose...

        Sa commune est encore très agricole,

        mais quand je vois 55km plus au Nord,

        les champs devenir des lotissements...

        je suis inquiète pour la survie de l'agriculture

        dans notre beau pays !

    4
    Lundi 1er Mai à 16:18

    Ton fils a eu la chance de passer au-dessus des contraintes pour exercer le métier pour lequel il semble fait. Pour ma part, je suis la première de la famille qui ne suis pas née "à la ferme"

      • Lundi 1er Mai à 20:24

         

        Oui, la chance d'aimer la campagne,

        les cultures, et d'avoir l'outil de travail de son grand père.

        Il n'est par contre pas encore chez lui,

        2 demi frères installés aux Etats Unis

        qui ne lui feront pas de cadeau

        et mon autre fils,

        avec qui partager....

    5
    Lundi 1er Mai à 18:19
    Colette

    Ton fils est resté courageusement dans la voie qui lui plaisait .... malgré les contraintes ! et oui, tu as raison, on ne sait pas toujours ce que ressentent vraiment nos enfants !

      • Lundi 1er Mai à 20:08

         

        Oui, lorsqu'il raconte ses souvenirs

        je culpabilise souvent...

        On fait comme on peut !

        Il vient d'avoir 30 ans, et prend pas mal de responsabilités,

        je n'ai donc pas eu tout faux yes

         

    6
    Lundi 1er Mai à 18:46

    Ton fils ne s'est jamais découragé et j'espère que le sort des agriculteurs sera mieux considéré dans un futur le plus proche possible. Gros bisous ma Fabie, passe une bonne soirée.

      • Lundi 1er Mai à 20:10

         

        J'ai vraiment très peur que l'agriculture 

        ne soit absolument pas la priorité de notre futur gouvernement...

        Il aime la campagne et ses terres (pas encore à lui...)

        mais parfois sous le poids des contraintes,

        j'ai peur qu'il ne fasse une bêtise...

        Bisous ma Praline

    7
    julie
    Lundi 1er Mai à 18:53

    Bonjour Fabie.

    Merci pour ton petit mot qui m'a fait plaisir. Au moins, je sais que quelqu'uns ne m'ont pas déjà oubliée..Ha, ha.

    J'aurais bien aimé faire le devoir de Lakevio, mais j'ai d'autres chats à fouetter et pis, comme j'ai décidé de tourner la page, hein !

    Ca, j'en aurais eu à dire sur la vie à la campagne autrefois. Remarque, même maintenant, car, je les vois tellement souffrir nos agriculteurs, nos paysans. La mondialisation, l'Europe les tuent malgré ce qu'en dit paysan heureux. J'ai un cousin qui s'est suicidé. Bon, y'avait peut-être aussi une affaire de cœur dans son histoire. Sans femme pour les soutenir, les porter parfois - bien qu'ils soient très machos les agriculteurs - certains pètent les plombs. Ils ont besoin de femmes fortes, voir très fortes.

    Pour en revenir à ton fils, il est né à la ferme ? Mais, mais, il me semble pourtant bien que tu

    es bien plus jeune que moi ? Etais-tu dans les champs à ce moment-là en train de faire les foins ? Tu sais que ma mère, qui ne nous raconte pas grand chose de sa vie d'enfant, nous a raconté la naissance de l'un d'entre-nous. Sais plus lequel. Elle a senti les contractions quand elle était en train de faire les foins. Elle est rentrée à la maison et a accouché presque aussitôt. Elle a dit que le lendemain, elle retournait dans les champs. Il est vrai que c'est une dure à cuire ma mère...Même encore maintenant. Hélas, la fatigue se fait vite sentir. On le voit bien qu'elle s'affaiblit. Elle ne peut plus bêcher son jardin, voir semer ses graines, ça, c'est un signe. Bon, elle a encore pris des poulets ce printemps et dit que c'est la dernière fois. Hum.

    Moi-aussi, j'ai été heureuse de vivre à la campagne enfant. J'adorais courir dans les champs avec mes frères et soeurs, pour fuir ma mère aussi. Nous étions une nombreuse fratrie et je garde de bons souvenirs de mes frères et sœurs. Nous étions très proches les uns des autres à cette époque. Suis un peu triste que les liens se soient distendus avec le temps. Pour moi, les colos de vacances, c'était le bagne. J'aimais tellement mieux passer l'été dans les champs, au bord de la rivière, notre piscine à ciel ouvert. J'aimais regarder les paysans sur leur tracteur. J'aimais regarder les autres travailler, rarement participer moi-même. J'étais surtout une contemplative. Ha, ha...

    J'ai gardé l'amour des champs, des vaches, de tous les animaux domestiques (sauvages aussi) mais ne me verrai surtout pas y vivre. Trop rien de tout, trop de silence. J'avais une tante parisienne qui a épousé un paysan. Son mari a acheté une maison isolée, avec une vue à tomber par terre sur le Morvan. On voit même les contreforts du Massif Central dans le lointain. Quand mon oncle est mort, elle s'est retrouvée totalement isolée, n'ayant pas le permis. Elle n'arrêtait pas de dire "c'est ton oncle qui voulait vivre à la campagne, pas moi, qui me sens trop seule, trop isolée de tout. C'est bien beau d'avoir une belle vue, mais, comment je fais moi maintenant qu'elle disait ?"

    La campagne, c'est bien quand tu es jeune, que tu as une famille, que les 2 ont le permis. Pas quand tu es seul, sans voiture. C'est ce qui fait tenir les paysans, les rires des enfants, les hivers sous la couette avec une femme. La campagne, ça doit retentir des rires des enfants, des caquètement des poules, du chant du coq, des aboiements des chiens, du roucoulement des pigeons. (as-tu remarqué maintenant le silence des campagnes ? Ca me fiche le bourdon, tu ne peux pas savoir quand je traverse le Morvan !) N'était les paysans dans les champs, ça sentirait la mort encore plus.Très peu élèvent maintenant des volailles, car, pas rentable et pas le temps non plus de s'en occuper, les femmes ayant souvent un autre boulot qui permet de faire vivre la famille (et pis, les femmes aiment ça aussi, avoir une vie sociale par ailleurs). Je comprends tout à fait la colère des laisser pour compte de la France abandonnée qui sont prêts à franchir le rubicon.

    Voilà ce que m'inspire cette photo...de la mélancolie, de la tristesse aussi, voir même parfois un gros bourdon. Peut-être parce que nos aïeux sont en train de disparaître les uns après les autres. Encore un autre, peu d'heures après ma belle-mère. Je sens que ça pousse, ça pousse...comme au tir à la corde.

    Bises

     

      • Lundi 1er Mai à 20:16

         

        Oui, c'est une image, 

        lorsque je dis qu'il est né à la ferme !

        Encore qu'à une semaine près, nous étions bloqués par les congères...

        Mais avec le cordon ombilical autour du cou, il ne serait pas là...

        Des suicides chez les agriculteurs, 

        il y en a un, tous les deux jours,

        cela n'intéresse personne !!!

        L'avenir m'inquiète pour lui !!!

        Je n'appartient pas à un milieu d'agriculteur,

        mais mes parents avaient un ami

        qui avait quelques vaches, des poules et du foin,

        j'y ai passé des journées entières,

        je trayais même les vaches.

        Je réponds à ton 2ème com

      • Mercredi 3 Mai à 11:33

        Juju, ben moi aussi je t'ai fait un petit mot ! ne l'aurais-tu pas reçu ? snif :(

    8
    julie
    Lundi 1er Mai à 19:00

    Tu dis que ton fils ramasse des cailloux. Et, il en fait quoi ? Il construit son propre chef d'œuvre pour la postérité, comme le facteur Cheval ?

    Nous allons bientôt partir dans ton coin et allons y rester probablement quelques jours. Parait qu'il faut vider rapidement la maison de ma belle-mère. Quelle tristesse, là encore une vie qui disparaitra bientôt totalement, qui sera totalement rayée de la carte, qui n'aura plus aucune identité. A quoi ça sert les biens matériels, je te demande, hein !

      • Lundi 1er Mai à 20:21

         

        Les cailloux sont stockés,

        j'en ai mis dans mon jardin,

        car ce sont de belles pierres plates,

        parfois des voisins en demandent pour faire des murets !

         

        Les biens matériels...

        J'imagine que vous allez vous partager

        certains meubles !

        Tu sais j'ai une belle sœur qui a tout perdu dimanche dernier

        (pas hier, le précédent) dans l'incendie de son appartement,

        mon neveu seul dans l'appartement s'est retrouvé dehors en caleçon...

        Tout à recommencer !

        Heureusement, ils ont été relogés vendredi,

        mais il leur faut tout racheter.

         

        Bon courage pour le tri de toute une vie...

        Gros bisous Juliette

    9
    Lundi 1er Mai à 20:44

    Ton fils est courageux et j'espère qu'il trouvera dans son travail la satisfaction et la récompense  qu'il mérite.Ton texte confirme ce que j'écris dans le mien, la mécanisation n'a pas tout solutionné, les problèmes sont ailleurs....mais sont toujours constants.

      • Mardi 2 Mai à 16:11

         

        Au départ il s'agissait d'une passion,

        maintenant il se rend compte combien c'est difficile...

        Mais il est combatif !

    10
    Nadine
    Lundi 1er Mai à 21:20
    Bonjour Fabie,
    Oui je me rappelle bien ce jour où nous sommes allés à Die et le moment où dans la voiture Alexandre avait demandé "Qu'est ce que ça veut dire ALL? Et avant qu'on ait eu le temps de lui répondre, il avait effacé TOUTES les photos de ton appareil photo. Après la déception pas bien grave je me rappelle qu'on avait bien ri.
    Quant à Jean Charles on n'avait pas du tout ressenti une frustration de sa part de ne pas nous suivre. C'est vrai que ce n'est pas toujours facile d'interpréter les réactions des enfants. Moi aussi j'ai commis des erreurs avec mes filles notamment avec Julia qui n'était pas toujours facile. Mais tout l'amour qu'on leur donne efface bien des impairs. A bientôt miss.
    Gros bisous
      • Mardi 2 Mai à 16:15

         

        Oh que oui, je m'en souviens des photos...

        Audrey était anxieuse de savoir comment JF allait réagir...

        Quant à JC, il n'aimait pas sortir...

        Mais nous voir rentrer heureux de notre promenade

        a du lui faire prendre conscience

        qu'il aurait été mieux avec nous...

        Bisous à toi belle Cousine

    11
    Mardi 2 Mai à 18:29

    j'arrive ici, en venant de Lakevio. J'aime bien cette note car tout y  semble bien réel. Je souhaite bon courage à ce jeune homme, il risque en avoir bien besoin !

    Même les commentaires sont agréables à lire. De plus je trouve la présentation du blog tout simplement géniale! J'adore la petite flèche !

    On se plante parfois avec nos enfants , mais c'est en toute bonne foi ! Nous avons fait apprendre l'accordéon à nos deux garçons alors qu'ils voulaient apprendre le saxo ! Il n'y avait pas de cours vers chez nous ! :)

      • Vendredi 5 Mai à 14:35

         

        Oui, tout est bien réel,

        et c'est vrai que la réflexion de mon fils

        m'a quelque peu perturbée...

        Mais, effectivement,

        on essaie de faire au mieux, avec les moyens que l'on

        a au moment donné...

        Tes fils jouent toujours d'un instrument ?

        Pour ce qui est de mon blog,

        à la retraite pour invalidité, un peu tôt,

        je me suis plongée dans l'informatique,

        et ai essayé de faire quelque chose

        de doux, organisé, et j'espère, facile à lire.

        Merci pour l'appréciation yes

        Bon we

    12
    Véro
    Mardi 2 Mai à 19:20

    La vie des petits agriculteurs n'est vraiment pas aisée ! A la pénibilité de la tâche, suivent les tracas de gestion et tout le stress qui va avec.

      • Vendredi 5 Mai à 14:36

         

        Oui, on demande beaucoup aux agriculteurs,

        alors que c'est déjà un métier bien compliqué....

    13
    Eve
    Mercredi 3 Mai à 01:53
    tu as fait un beau texte , ton fils est courageux, quand je vois les agriculteurs autour qui n'ont pas de week end , rarement des vacances, et des jours de travail à rallonge, il faut tenir pour accepter toutes les contraintes de l' Europe , payer tout le matériel , tous ces les papiers à remplir , et quand tu dis que les terres ne sont pas à lui et possibilité de problèmes avec la famille des USA - tout ça n'est pas pour être tranquille - Il ramasse ses pierres , je veux bien l'aider , j'ai rempli ma cour d'une 1 ére couche de grosses , puis de pierres de tailles différentes , en ramassant dans les champs voisins , j'en ai fait des tours et des tours avec la brouette pendant des années, je donnais la terre au paysan en échange , car nous faisions le passage pour la voiture et les parkings - quand à nôtre façon d'élever les enfants, je regrette certaines façons que nous avions pour les élever, mais je dis toujours on a fait avec ce qu'on savait , il n'y avait pas des émissions de télé , ni beaucoup de livres , j'ai acheté Laurence Pernoult pour le début puis Françoise Dolto , et j'étais abonnée à Parents - pas facile - nous sommes revenus de Mulhouse hier , nôtre gendre est rentré des USA , il y était 1 semaine pour son travail , les filles n'ont pas réellement besoin de nous , c'est juste une présence pour qu'au cas ou il arriverait quelque chose, car 980 kms on ne les fait pas en 1 h !!! on rajoute un zéro - bon là je crois que nous sommes tranquille 2 mois - Je t'embrasse , bonne semaine - bisous
      • Vendredi 5 Mai à 14:42

         

        Oui, pas facile de se libérer lorsque l'on est agriculteur,

        et encore moins lorsque l'on a un élevage.

        J'espère que sa compagne tiendra le coup !!!

        Les pierres, j'en ai fait des tombereaux,

        pour dé pierrer le jardin, situé sur d'anciens

        murs faits, autrefois, par les agriculteurs...

        Pendant ce temps là, mon ex mari dormait....

         

        Tes petites filles, même si elles sont grandes

        ont du être contente de vous avoir auprès d'elles yes

        Gros bisous Eve, et bon we

    14
    Lundi 8 Mai à 17:54

    J'étais persuadée d'avoir mis un commentaire la semaine dernière, disant que j'étais la première de ma famille à ne pas être née à la ferme, car si tous les autres n'y sont pas restés, il y a l'atavisme plus un gros potentiel de sympathie pour ceux qui s'accrochent. Maman disait que jusqu'à sa ménopause, ma grand-mère a accouché une à deux fois par an d'enfants nés morts ou vivants, souvent revenant des champs pour enfanter, aidée par une voisine. Sans compter les "espoirs déçus" si j'ose dire... 18 enfants déclarés parce que nés vivants ou morts dans les heures qui suivaient, dont quatre ont survécu.

    Ton fils est courageux et je formule des voeux pour qu'il puisse continuer.

    J'étais passée voir si tu avais fait ton devoir pour Lakévio cette semaine, mais tu as sans doute eu d'autres chats à fouetter !

     

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